Nouveau blog d'OS

Nouveau blog d'OS
Un nom un peu mysthique pour des petites histoires un peu spéciales

Ces derniers temps, j'ai fait une grosse remise en question sur pas mal de choses, notemment ma façon d'écrire

Pendant ma pause, j'ai pris le temps de bosser quelque chose de nouveau, de différent surtout

J'ai retrouvé l'inspiration qui me faisait défaut depuis un moment. Mais plus que tout, j'ai retrouvé le plaisir d'écrire, le plaisir de passer des heures devant mon PC pour vous permettre de lire de belles choses. De vous évader le temps de quelques lignes

J'ai décidé aussi de ne plus complexer vis à vis d'autres auteurs. Elles sont ce qu'elles sont et je suis ce que je suis. Nos styles sont différents mais ce n'est pas pour autant que le mien est plus mauvais

Ce blog est synonyme de renouveau

Il y sera posté des choses que vous n'avez jamais lues, nulle part


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OS postés :

=> Protection Parties 1 -- Partie 2 -- Paries 3 -- Partie 4 (FINI)

=> Séparation (FINI)

=> Trahison (FINI)

=> Actes ou mots ? (FINI)

=> Obsession Parties 1 -- Partie 2 -- Parties 3 -- Partie 4 -- Epilogue (FINI)

=> Protect me from what I've done Partie 1 -- Partie 2 -- Partie 3 -- Epilogue (FINI)

=> Celui que le temps a choisi Prologue -- Partie 1 -- Partie 2 -- Partie 3 -- Partie 4 -- Epilogue (FINI)

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Grâce à Winry, j'ai pu installé un système de news letter pour le blog !
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EDIT : Schtoup, tu t'es pas trompé, regarde plus haut dans le sommaire, c'est celle qui s'appelle "Protect me from what I've done" ^^


Sur ce, bonne visite ^^

Fallen

# Posté le mercredi 02 juillet 2008 20:41

Modifié le samedi 19 septembre 2009 10:36

Protection [Partie 1/4]

Protection [Partie 1/4]
L'autre jour, j'ai eu le malheur de regarder Il faut sauver le soldat Ryan et, immédiatement, ma passion pour l'histoire est ressortie XD !!!

J'ai beaucoup travaillé sur ce TS. Il va être long, il sera en 3 parties, toutes aussi longues que celle-ci, voire plus

J'ai recommencé les phrases un nombre incalculable de fois, pesant mes mots et essayant de trouver les meilleures tournures possible

Je préviens tout de suite que la deuxième partie mettra du temps à arriver. Cette histoire me demande beaucoup de temps alors je compte sur vous pour pas trop me mettre la pression ^^



***


Un jeune homme marche rapidement le long d'un trottoir, il avance sans s'arrêter, il a envie de rentrer chez lui le plus rapidement possible. Autour de lui les autres sont tous aussi pressé, personne ne souhaite rester à découvert plus que nécessaire. Dans la ville, l'air est pesant, l'ambiance angoissante et la peur omniprésente. Il n'y a pas beaucoup de gens dehors, on n'entend pas d'enfants jouer, ni de voitures passer. L'endroit à l'air endormi voire même mort.

Il lève la tête, et regarde devant lui. De là, il peut voir sa porte de sa maison. La petite porte verte, juste au bout de la rue. C'est tellement près, mais dans les circonstances actuelles, c'est aussi tellement loin. Nous sommes en janvier 1944. La seconde guerre mondiale déchire le monde depuis presque 5 ans. Pendant que des gens meurent sur les champs de batailles d'autres tentent de survivre en ville.

Le garçon s'arrête quelques instant et contemple ses courses. Enfin, le peu de vivres qu'il a pu obtenir avec des tickets de rationnement. Il n'y a pas grand chose, juste le strict nécessaire, comme du pain, aliment de survie par excellence depuis toujours. Le gouvernement fait très attention, beaucoup de pays ne veulent plus rien avoir à faire avec l'Allemagne. Cette dernière doit donc, en majeure partie, compter sur ses propres ressources pour nourrir non seulement sa population civile, mais aussi ses soldats.

Heureusement, chacun a ses astuces pour se procurer plus de nourriture. Plusieurs fois par semaines, le jeune homme donne des cours de littérature et de maths aux peu de gens qui sont encore soucieux d'apprendre. Ils le payent peu mais au moins, ça lui permet d'acheter au noir de la viande ou des légumes pour changer son quotidien. C'est illégal et il risque beaucoup en le faisant mais quand il y a des règles, il y a toujours des gens pour les effreindre, ça fait partie du système.

Il soupire puis continue à avancer quand, d'un seul coup, une alarme stridente résonne dans toute la ville de Berlin. Tom, c'est son nom, ne se pose pas de question, il sait parfaitement ce que cela veut dire. Un bombardement imminent. Il sert son paquet dans ses bras et court à perdre haleine. Il regarde sans arrêt la porte de sa maison, priant pour que la bombe qui va tomber ne la détruise pas. Il la voit se rapprocher, il y est presque, il ne lui reste que quelques mètre à faire. Il sort ses clefs et ouvre rapidement la porte. Il rentre précipitemment dans la maison et ferme le verrou avant d'aller se cacher sous la table de la cuisine.

Il entend les bruits des bombes qui dévastent la ville, les cris des personnes qui sont tuées ou de celles qui viennent de perdre un proche. Et lui, il attend la fin et il espère, il se surprend même à prier parfois. Tout ça paraît tellement suréaliste. Il sait que des maisons vont disparaître et que des humains sont en train de mourir juste parce qu'un mégalomane s'est mis à dos le reste du monde. Il sait aussi qu'il est incapable de les aider. Tom ne se sens pas capable de risquer sa vie pour sauver celle d'une autre personne. La guerre rend égoïste. Il faut penser à soit, seuls les plus forts s'en sortent et lui, il veut être fort.

Les murs tremblent, c'est le chaos à seulement quelques mètres de lui. Il sent des larmes se former dans ses yeux et il les retient comme il peut. Il ne veut pas pleurer. Il met ses mains sur ses oreilles pour se protéger des bruits assourdissants. Comme à chaque fois, Tom a l'impression, que c'est la fin et qu'il va mourir. Il serait presque même soulagé si cela arrivait. Il serait enfin libéré de cet enfer.

« S'il vous plaît, s'il vous plaît, s'il vous plaît, » répète-t-il sans fin en se balançant d'avant en arrière.

Quand enfin, tout cesse. Il entend alors des coups de feux et ferme les yeux en se pinçant les lèvres. Certains habitants achèvent des blessés qui gisent dans la rue. Il n'y a pratiquement plus de médicaments ni même de médecins en droit de pratiquer. Ces gens allaient mourir quoi qu'il arrive, il vaut mieux, abréger leurs souffrances.

Tom reste quelques secondes de plus sous la table. Son souffle est rapide, court, ses pupillent dillatées et ses mains tremblent, il sait que, pour l'instant, il ne peut pas pas se relever, ses jambes ne le porteraient pas. C'est fini mais, ce n'est que temporaire. Dans quelques heures, dans quelques jours, cela recommencera, ça fait partie de leur quotidien maintenant.

Tom se relève enfin et étire ses jambes douloureuses. Son regard est attiré par un cadre qui est tombé à terre. Une fois de plus, il le ramasse et le remet à sa place, sur la commode de l'entrée. Il contemple les visages souriants de ses parents. C'est une photo qu'ils ont prises quand ils étaient jeunes, le jour de leur mariage pour être plus précis.

Son père, grand et d'allure sévère, avait une moustache, ce qui ne lui allait vraiment pas, Tom aimait lui faire remarquer, pour le taquiner. A côté de lui se tient sa mère, une femme aux traits fins et aux yeux doux, une mère extraordinaire. Tous deux ne sont malheureusement plus de ce monde.

Jorg, son père, avait été envoyé au front comme presque tous les hommes d'Allemagne, il avait sucombé à d'importantes blessures deux semaines seulement après son départ. Tom lui, n'avait pas quitté Berlin car, bien qu'agé de 18 ans, il avait évité d'aller à la guerre en raison d'un problème aux oreilles qui lui faisait parfois perdre l'équilibre, il avait été déclaré inapte au combat. Il était donc resté avec sa mère, Simone, qui elle, avait été tué par un bombardement il y a quelques mois de cela.

A la mort de ses parents, il avait décidé de ne pas se rendre chez son oncle en Bavière, il voulait rester ici, dans cette maison qui lui rappelait tellement de bon souvenirs. C'est son chez lui, et pour rien au monde il ne le quitterait. Un miaulement attire son attention puis une boule de poil noire vient se frotter contre ses jambes. Il sourit et prend son chat dans ses bras.

« Ramsès, je suis content de voir que tu arrives toujours à t'en sortir toi aussi, » dit-il en lui caressant la tête.

La chat ronronne et lui lèche doucement le visage. Chaque jour, il impressionne un peu plus son maître qui réalise que l'instinct de survie des animaux est vraiment incroyable. C'est son seul compagnon dans cette grande deumeure vide de toute autre vie. L'être qui vient se pelotenner contre lui la nuit et qui le fait se sentir un peu moins triste. On se raccroche à ce qu'on peut n'est ce pas ? Surtout dans ce genre de circonstances.

« Tu dois avoir faim, j'ai pensé à toi, j'ai pris du lait, » fit Tom en le reposant à terre.

Immédiatement, le chat se dirige vers son bol posé sur le sol près de l'évier et miaule sans s'arrêter en regardant son maître fouiller dans le sac en papier. Tom trouve finalement ce qu'il chercher et ouvre vite la brique pour en verser dans le bol. A peine a-t-il fini que Ramsès plonge la tête dedans pour tout laper.

Tom sourit puis sort un bout de pain qu'il tartine d'une très fine couche de beurre, il doit faire des économie sur tout et n'importe quoi. Il range ensuite le reste des affaires et monte les escaliers, il est las. Il arrive dans la salle de bain et fait couler un fond d'eau dans la baignoire, il ne la rempli qu'au tier avant de se saisir de son savon.

Il enlève son bonnet pour libérer ses longs cheveux tressés. C'est une coiffure qu'il aime beaucoup mais que les autres trouvent bizarre. Et comme tout ce qui est bizarre est condamnable, il préfère les cacher, pour éviter les ennuis. On se fait arrêter pour tout à l'heure actuelle, des habits pas règlementaires, une coupe de cheveux peu commune, un comportement qu'on juge étrange, une dénociation. La délation envers les juifs est même vivement encouragée, pour la bonne marche et la grandeur du Reich comme ils disent.

Les seules raisons pour lesquelles Tom n'est pas dans un camp de travail, c'est parce que ces parents étaient des allemands pure souche et qu'ils n'étaient pas juifs. Pour l'instant il peut vivre en paix, mais l'avenir est incertain, on ne sait pas ce qui peut se passer demain. Les lois et les interdictions changent sans arrêt, au grès des envies de fürer.

Il se déshabille et se glisse dans l'eau tiède en grimaçant. Un bain presque froid en plein hiver ce n'est pas ce qu'il y a de meilleur. Mais il préfère encore ça plutôt que de ne pas se laver. Il fait son maximum pour continuer à vivre le plus naturellement possible, sinon il risqueraitde devenir fou, il penserait à trop de choses. Tom se frotte sommairement avec le savon pour l'user le moins possible et se rince avant de sortir pour s'enrouler dans le drap blanc qui lui sert de serviette.

Il met rapidement des vêtements chaud. Etant donné qu'il n'y a plus de chauffage, il doit empiler différentes couches d'habits pour ne pas mourir de froid dans la nuit. Peut être que demain, il ira chercher du bois pour faire un feu dans la cheminée du salon. Il arrive dans sa chambre et regarde sa pendule, il est 18h. Le jour vient à peine de se coucher mais c'est déjà le couvre-feu, plus personne n'a le droit de sortir de chez lui sous peine de se faire arrêter.

Comme tous les soirs, il baricade portes et fenêtres, avant d'aller se coucher dans son lit. Il attrape un livre et allume sa petite lampe à huile. Ramsès grimpe sur le matelas et s'allonge contre son flanc, lui apportant une chaleur supplémentaire. Tom lui gratte doucement le derrière des oreilles tout en continuant sa lecture. Il a toujours aimé lire, la bibliothèque de ces parents est pour lui un vrai trésor. Ça lui permet de s'évader de ce monde. L'espace de quelques heures, la guerre n'existe plus, ses parents ne sont pas morts, il n'est pas seul à survivre dans cet endroit rempli de haine.

Après seulement quelques pages, il baille déjà. Le bombardement de cette après-midi a été un vrai choc, ça faisait une semaine qu'il n'y en avait pas eu, ça l'a vraiment surpris. Il se sent épuisé, il frotte ses yeux et ferme son livre avant de le poser sur la table de chevet. Ramsès redresse la tête à ce moment là. Il s'étire et va se glisser sous la couverture que Tom vient de soulever. Le jeune homme s'allonge sur le ventre et passe un bras autour du corps de son chat pour aller caresser sa tête.

« Bonne nuit, » dit-il avant d'éteindre la lampe.


***


Le lendemain, il se réveille doucement et se retourne sur le dos pour contempler le plafond, les bras en croix sur le matelas. Il a toujours besoin de quelques minutes pour émerger et sortir des lymbes du sommeil. Il sent quelque chose bouger contre sa jambe et sourit en voyant Ramsès s'étirer de tout son long.

Le chat ne reste jamais toute la nuit sous les couvertures, au bout d'un moment il vient se mettre en boule à ses pieds pour dormir plus à l'aise. Tom se redresse et s'assoit en tailleur. Il frotte ses yeux et s'étire à son tour avant de poser les pieds par terre et de se lever. Il doit y aller doucement s'il ne veut pas perdre l'équilibre et tomber sur le sol.

Il sourit en voyant le bout de la queue de son chat passer par la porte, il sait où il va. Il se rend donc dans la cuisine où Ramsès l'attend déjà devant son bol. Tom n'a pas vraiment de quoi le nourrir, un peu viande et du lait, tout au plus, mais le chat n'a pas l'air malheureux et revient toujours à la maison. Il sort toute la journée et doit sans doute se trouver quelques souris ou autres créatures pour compléter son alimentation, il se débrouille pour survivre, lui aussi.

Une fois de plus, Tom rempli son bol de lait et se fait chauffer de l'eau pour son café. C'est le seul luxe qu'il s'offre, une des rares choses à laquelle il n'a pas renoncé, son café du matin. Il grimace en voyant qu'il ne lui en reste presque plus, il va devoir sacrifier du pain ou des pommes de terre pour son petit plaisir mais ça n'est pas grave. Les moments de bonheur ou de paix sont tellement rares qu'il faut les savourer et surtout se débrouiller pour les renouveler. Boire un café dans sa cuisine et regarder le soleil se lever en fait partie.

Une heure après, une fois qu'il est totalement réveillé, il va s'habiller, enfouissant à nouveau ses cheveux sous un bonnet, enfile plusieurs épaisseurs avant de revêtir son manteau le plus chaud. Il va dans le salon où il trouve le chat allongé sur le canapé, près à faire sa première sieste de la journée. Tom lui caresse doucement la tête et l'animal ronronne en se mettant sur le dos, les pattes en l'air pour se faire gratter le ventre. Le jeune homme sourit et le câline un moment avant de lui parler.

« Je vais chercher du bois, on fera un bon feu quand je reviendrai. »

Ramsès miaule et se remet sur le ventre. Ça peut paraître étrange de parler à un chat, ce n'est qu'un animal après tout, il ne peut pas comprendre ce qu'on dit et encore moins nous répondre. Cependant, quand on vit seul, toute présence est bonne à prendre. Sans lui, Tom ne sait pas s'il arriverait à tout supporter. Sans cette petite bête pour le regarder en penchant la tête, pour venir se blottir contre lui quand il ne va pas bien, ou tout simplement pour l'écouter parler quand il a besoin de se confier.

Tom enroule alors une écharpe autour de son cou et attrape ses clefs en sortant, il ferme ensuite la porte. Le froid l'agresse immédiatement. Il souffle sur ses mains avant de les mettre dans ses poches, il n'a plus de gants. Il rentre le cou dans son col et avance tête baissée vers le petit parc d'à côté. Comme d'habitude, sur son passage, personne ne fait un bruit. Les gens ne se saluent plus ils se méfient les uns des autres. Ils se scrutent, cherchant quelque chose de bizarre, quelque chose à dénoncer pour être bien vu et vivre dans une certaine quiétude.

Le jeune homme arrive à destination et s'arrête à l'entrée. Il observe les balançoires et autres jeux pour enfants délaissés depuis longtemps. Ce parc n'est plus que l'ombre de lui même. Qui pourrait imaginer qu'il y a quelques temps, des rires et des cris retentissaient encore dans ce lieu plein d'animation ? Aujourd'hui il est désert, comme tout le reste de la ville. Tom soupire puis s'avance pour aller ramasser quelques branches mortes qui viendront alimenter le feu. Il arrive sous un arbre et se penche quand il entend un bruit de l'autre côté du tronc.

Il fronce les sourcils et stoppe son mouvement puis bouge lentement pour se diriger vers l'origine du bruit. Il remarque que se sont des reniflements, comme si quelqu'un était en train de pleurer. Tom fait le tour du tronc et aperçoit une silouhette assise par terre. La personne est complètement repliée sur elle-même, la tête enfouit dans ses bras, les genoux remontés contre sa poitrine. Il s'approche doucement. Son pied marche sur une branche morte, le bruit de craquement fait sursauter la personne qui se retourne brutaement vers Tom. Ses yeux expriment un grande panique mais aussi une profonde détresse.

Tom observe ce visage aux traits si fins. Les longs cheveux noirs qui reposent sur les épaules. Les joues mouillées et noircies du maquillage qui a coulé a cause des larmes. Il se demande s'il a affaire à un homme ou bien à une femme. Il descend alors un peu plus ses yeux et remarque la poitrine plate, un torse, il fait donc face à un homme. L'ambiguité est vraiment troublante.

Le blond aperçoit alors l'étoile jaune cousue sur le pull du jeune homme et il grimace. Un juif. Un juif qui vient sans doute de subir les foudres d'extrêmistes. Il faut avouer que son allure étrange ne doit rien arranger à sa situation. Le blond se penche doucement pour l'approcher et lui tend la main. Le brun l'observe quelques secondes, méfiant, le regard apeuré. Tom lui sourit gentiment.

« N'ai pas peur, je ne te veux aucun mal, » dit-il.

Le jeune homme le regarde encore un peu avant d'attraper sa main. Tom l'aide à se relever et s'étonne de voir que cette personne doit faire sa taille, voire même un peu plus. Le blond détaille le corps de ce jeune brun aux courbes aiguisées mais agréables. Un tel mélange de masculin et de féminin réunis en une seule et même personne fascine Tom.

Il croirait presque avoir en face de lui l'une d'une créatures mysthiques qui peuplent ses romans. Oui, cette personne à l'air d'être tout droit sorti d'un livre, ou bien d'un tableau. Sans même le connaître, Tom a envie de le protéger, de le garder près de lui. Il a l'impression d'avoir capturé le plus beau des papillons au creux de sa main, et il n'a aucune envie de le voir s'envoler.

« Quel est ton nom ? » demande Tom.

« Bill, » répond le brun en passant ses bras autour de son corps encore tremblant.

Tom le voit frissoner alors il enlève son manteau et le pose sur les épaules de Bill qui le regarde étonné. Le brun se balade en pull dans la rue en plein mois de janvier, pas étonnant qu'il meurt de froid. Le blond regarde à nouveau l'étoile jaune et demande timidement.

« Tu es... ? »

Bill baisse les yeux et referme immédiatement le manteau sur lui pour cacher sa marque.

« Juif, oui. Tu vas me dénoncer ? »

« Non, » répond Tom du tac au tac.

« Pourquoi ? »

« Il te faut une raison ? »

Bill plante ses yeux dans les siens.

« Oui, il m'en faut une. »

Tom fronce les sourcils. En face de lui, le jeune homme garde ses distances. Ses bras entourés autour de sa taille, comme s'il voulait mettre une barrière, comme s'ils allaient le protéger. Le blond pourrait jurer que, son regard s'apparente à celui d'un animal blessé. Tom doit marcher sur des ½ufs et tout faire avec précaution, sous peine de le voir fuir.

« J'ai juste envie de te protéger, est ce que ça te suffit ? »

Bill hoche simplement la tête. Tom fronce alors un peu les sourcils et s'avance vers lui. Le brun recule vivement, le regard dur, sur la défensive. Le blond ne se démonte pas et se contente de relever la capuche sur les cheveux de Bill pour les cacher.

« C'est mieux comme ça, plus discret. Où est ce que tu habites ? Je vais te raccompagner. »

Bill baisse les yeux et tourne la tête.

« Je n'ai plus d'endroit où vivre. Mes parents ont été emmené ce matin. J'y ai échappé car j'étais caché dans un recoin de la cave, ils ne m'ont pas trouvé. Mais après, ils ont brûlé la maison, je me suis enfuis de justesse. »

Tom ne remarque qu'alors les traces noires sur les mains du brun. Il a du se débattre dans les décombres et les cendres pour se dégager.

« Viens chez moi alors. »

Le brun relève immédiatement la tête.

« Chez toi ? Non, » dit Bill en secouant la tête.

« Pourquoi pas ? Je vis seul dans une grande maison, il y a bien assez de place pour nous deux. »

« Mais et pour la nourriture ? Et puis c'est dangereux, si jamais on découvre que tu caches un juif, tu auras de gros ennuis ! »

« On se débrouillera, aie confiance en moi. »

« Je ne peux pas...avoir confiance, pas encore »

« Alors, essaye, et prends tout le temps qu'il te faudra. »

« D'accord. »

Tom lui souris et ramasse ses branches. Bill lui en prend quelques une pour l'aider et le blond les dirigent vers sa maison. Tout le long de la route, Tom voit les regards inquiets que le brun jette tout autour de lui, il est aux aguets, prêt à prendre la fuite au moindre signe de danger.

Tom continue de lui sourire pour le rassurer. Tant que son étoile jaune reste invisible, personne ne peut savoir qu'il est juif, il ne risque donc rien. Ils arrivent devant la grande maison et rentrent. Ramsès arrive vers eux à ce moment là. Il s'arrête un instant en voyant le nouveau venu, l'observe puis s'enroule contre les jambes de Bill en ronronnant.

« Il est mignon, » dit le brun en se penchant pour caresser la tête de l'animal qui se laisse faire avec plaisir.

« Je te présente Ramsès, il n'y a que lui et moi dans cette maison. Je l'adore mais, comme tu peux l'imaginer, avec lui, la conversation est limitée. »

Bill sourit franchement ce qui réchauffe le c½ur de Tom. Le brun est encore plus beau quand il sourit. Des fossettes se creusent dans ses joues et ses yeux se plissent malicieusement. Ça illumine tout son visage, sa beauté n'en est que plus iréelle. Dans un coin de sa tête, le coin le plus romantique, Tom se dit qu'il vient peut être de trouver le soleil qui viendra illuminer ses jours si gris. Avec un peu de chance, Bill sera sa lueur d'espoir. Il l'est déjà un peu de toute façon. En seulement quelques minutes, le brun l'a fait sourire plus de fois qu'en 6 mois.

Tom le conduit dans le salon et s'agenouille devant la cheminée. Il attrape deux rondins de bois, du papier journal et une boite d'allumette avant de se tourner vers Bill qui l'observe, assit à ses côtés.

« Tu as déjà fait un feu ? »

« Mon père m'a montré une fois, mais j'étais tout petit, je ne me souviens plus très bien. »

« Ca te dit d'essayer ? »

Bill hoche positivement la tête avec un sourire. Tom se rapproche un peu de lui mais garde ses distances et s'arrête juste avant que sa cuisse ne touche celle du jeune homme. Il installe les rondins dans la cheminée et tend des feuilles de journaux à Bill.

« Entortille les pour les placer entre les deux bûches. »

Le brun fait ce que Tom lui dit et froisse maladroitement les feuilles avant de les mettre en place. Pendant ce temps, Tom installe quelques brindilles. Leurs mains s'effleurent plusieurs fois mais le blond fait comme si de rien n'était. Il essaye d'ignorer les frissons qui le parcoure et le trouble qui l'envahit. C'était des sensations totalement nouvelles pour lui.

Il n'a pas vraiment eu le temps d'avoir beaucoup de petite amies durant sa vie. La guerre est arrivée au moment même où il avait l'âge de découvrir les choses de l'amour. Son père avait à peine eu le temps de lui expliquer le pourquoi du comment qu'il était déjà parti à la guerre, pour ne jamais en revenir et ce n'était pas avec sa mère qu'il aurait pu parler de ça.

Tom sait qu'après la guerre, il est sensé trouver une jolie jeune fille. Une fille douce et gentille. Qu'il aimera, qu'il épousera, et avec qui il aura des enfants qui porteront son nom. C'est dans la logique des choses, le cycle de la vie. Vivre, se reproduire puis mourir. Mais le blond a toujours été contre les règles imposées. Il préfère de loin créer sa propre logique, même si ça veut dire être rejetté ou montré du doigt par les autres.

« Et maintenant ? »

La voix de Bill le ramène sur terre. Ses grands yeux chocolats sont plongés dans les siens de même couleur. Tom se sent presque rougir devant la candeur et l'innocence que dégage le brun. Comment peut-on ne serait qu'imaginer faire du mal à quelqu'un comme lui ?

« Maintenant on va l'allumer, enflamme le papier d'abord, » fit Tom en lui donnant la boite d'allumettes.

Bill en allume une et approche doucement sa main du papier journal. Il regarde le feu se propager quelques secondes puisse laisse tomber l'allumette entre les bouts de bois. Le feu prend rapidement, les brindilles s'enflamment à leur tour, puis se sont les rondins. Une chaleur plus qu'agréable se dégage alors dans pièce, la réchauffant doucement.

« Bravo, » fit le blond en souriant.

Tom se relève et s'étire doucement. Il retire le bonnet qu'il avait oublié d'enlever, libérant ses tresses. Puis enlève également un de ses pulls, pour une fois qu'il n'a pas froid dans la maison, autant en profiter. Il se tourne ensuite vers Bill et lui sourit.

« Ca te dirait un café ? Pour finir de nous réchauffer ? »

« Oui, je veux bien merci. »

Le blond sourit encore, se disant que ça va vraiment devenir une mannie s'il continue de rester trop près de Bill. Il se dirige vers la cuisine et fait chauffer de l'eau dans une casserole. Il soupire en réalisant qu'il va sacrifier ses derniers grammes de café. Mais demain il doit aller donner un cours, il va donc récupérer un peu d'argent, ça lui permettra d'aller en acheter.

Il verse les boissons fumantes dans deux tasses, mets un morceau de sucre dans chaque et pose le tout sur un plateau pour retourner dans le salon. Quand il arrive dans la pièce, il voit Bill assis en tailleur, Ramsès sur les genoux en train de se faire dispenser une bonne séance de caresses sur le ventre. Le chat a les yeux fermés, les pattes en l'air et roronne comme un bien heureux.

« Je vois que vous avez fait connaissance, » dit Tom en s'approchant.

« Oui, il est vraiment docile. »

« C'est mon compagnon de vie, je le bichone, » fait le blond avec un clin d'½il.

Tom pose son plateau par terre et tend une tasse à Bill. Celui ci la prend et le remercie d'un signe de tête. Le blond attrape lui aussi sa boisson et s'assoit sur le sol à côté du brun. Voyant que Bill ne s'occupe plus de lui, Ramsès se redresse et se calle plus confortablement sur ses genoux.

Les deux garçons ne parlent pas. Ils se contentent de boire en regardant le feu prendre vie. Tom n'a pas besoin de parler. Il est juste heureux de ne plus être seul, d'avoir une présence à ses côtés. Il sait qu'après cet instant, la solitude aura un goût bien amer. C'est pourquoi...

« Bill ? » demande-t-il.

« Hum ? »

« Tu acceptes de rester vivre avec moi alors ? »

Le brun le regarde quelques instants dans les yeux.

« Oui, » répond-il en souriant doucement.

# Posté le mercredi 02 juillet 2008 20:52

Modifié le lundi 09 mars 2009 10:21

Protection [Partie 2/4]

Protection [Partie 2/4]
Je me suis peut être un peu enflammée sur cette partie là...

J'avais l'impression de ne jamais en voir le bout !!! A chaque fois quelque chose me venait en tête et c'est comme si je n'arrivais pas à m'arrêter XD !!!

Elle s'est sans cesse rallongé car je ne voulais négliger aucun détail !!! Je me laisse prendre à cette histoire moi aussi et je me demande si, tout compte fait, elle ne va pas faire 4 parties au lieu de 3.

Il me reste encore tellement de choses à dire que je ne suis pas sûre qu'un seule partie suffira !!!

Enfin bon, on verra bien ^^

Bonne lecture !!!



***


Le lendemain, Tom se réveille en premier. Il se lève doucement comme d'habitude et grimace quand il se met debout, il avait oublié que le matelas du lit de ses parents était aussi dur. Il a installé Bill dans sa chambre et a dormi dans l'autre pièce. Depuis la mort de sa mère, il n'avait pas osé y remettre les pieds. Trop de souvenirs, trop de souffrance, il n'en avait pas la force.

La veille, quand il avait pénétré dans la pièce sombre, l'odeur lui avait fait froncer le nez. Depuis le temps, l'endroit sentait le renfermé. Il avait ouvert les fenêtres et la faible lumière du soleil couchant avait illuminé le parquet. Rien n'avait bougé, tout était encore à la même place. Il avait enlevé les draps poussiéreux qui recouvraient les meubles. Il avait aussi sourit en prenant le livre posé sur la table de chevet, les misérables. Un livre long et difficile à lire, un livre comme sa mère les aimait.

C'est d'elle qu'il tenait sa passion pour la lecture. Tout petit déjà, elle lui lisait pleins d'histoires pour l'aider à s'endormir. Vers 6 ans, quand il avait appris à lire, il avait voulu le faire lui-même. Elle avait fait mine d'être vexée mais avait sourit doucement. Depuis ce jour, il lisait tous les soirs. C'était aussi une manière de penser à elle. Quand il était enfant, il rêvait de devenir écrivain pour donner du bonheur aux gens comme il disait.

Tom soupire, tout ça paraît tellement loin maintenant. Il a parfois l'impression que sa vie d'avant s'est évanoui à jamais en un claquement de doigt, comme si elle n'avait jamais existé. Il regarde l'heure, 9h30, il doit se rendre à son court dans une demi-heure environ. Il s'étire et enfile un pull avant de sortir de la pièce. Il va frapper à la porte de sa chambre qui se trouve juste à côté. Même s'il sait qu'il est chez lui, il n'ose pas rentrer comme ça sans avoir prévenu.

« Bill ? Tu es réveillé ? »

Aucun bruit ne lui répond. Il pousse alors lentement la porte pour rentrer dans la pièce. Il voit un corps bouger dans le lit, se torde dans tous les sens serait plus exact. Tom s'approche un peu et voit que le brun gémit en fronçant les sourcils, ses mains agrippant fortement aux draps. Il transpire et s'agite de plus en plus, secouant violemment la tête de gauche à droite en répétant toujours la même chose.

« Laissez-moi ! Laissez-moi ! Je n'ai rien fait de mal ! S'il vous plaît ! S'il vous plaît ! »

Bill est en train de faire un terrible cauchemar. C'est la première fois que Tom voit quelqu'un dans cet état là. Sa voix tremble et des larmes commencent à couler sur ses joues. Il a l'air complètement terrorisé et désespéré. Le blond se dit qu'en fait, ça n'est peut être pas un simple mauvais rêve. Le brun doit sûrement revivre un des moments difficiles de sa vie. Ce sont des choses qui le hanteront probablement jusqu'à la fin de ses jours.

Tom réalise plus que jamais que, les méfaits de la guerre ne se voient pas seulement sur les champs de bataille. Les blessures physiques sont plus impressionnantes, certes, mais généralement elles finissent par guerrir. Les blessures psychologiques elles, sont bien plus dure à soigner. La morphine n'est d'aucune utilité face au choc d'avoir vu ses parents ou ses enfants mourir.

La cicatrice n'est peut être pas apparente, mais elle est bien là, vivante et douloureuse. Telle une plaie béante qui se referme parfois pour mieux se re-ouvrir. Il suffit d'un mot, d'un geste, pour que tout remonte et envahisse votre tête. Un vrai ras de marée qui ravage tout sur son passage. Dans ces moments là, le sommeil devient votre pire ennemi.

Le blond hésite à le réveiller. Bill n'aimera sûrement pas le fait que Tom soit rentré dans sa chambre et l'ai surpris en état de faiblesse, un fois de plus. Mais ce dernier ne peut décemment pas le laisser dans cet état là. Aujourd'hui Bill n'est plus tout seul et Tom se promet de tout faire pour que personne ne pose plus jamais ma main sur lui.

Il avance doucement et s'assoit sur le lit. Il doit y aller le plus lentement possible, il ne faudrait pas que Bill se réveille en sursaut, ça ne ferait que le paniquer un peu plus. Tom lève sa main et va la poser sur la joue du brun qui continue de remuer de manière convulsive. Le blond caresse sa peau. Le geste se veut apaisant, il veut le rassurer le plus possible.

« Bill, réveille toi, tout va bien, personne ne te veut de mal. »

La voix de Tom est faible, tel un murmure, comme s'il était en train de lui confier le plus précieux des secrets. Voyant que ça ne fait rien, il accentue un peu plus son geste et laisse sa main passer dans les cheveux noirs de jais. Ses doigts passent et repassent dedans avant d'aller gentiment masser le crane. Son pouce effleure la tempe et il recommence à parler.

« Bill, ouvre les yeux, je te promets qu'il ne t'arrivera rien, c'est juste une cauchemar. »

Tom voit les yeux du brun papilloner avant de s'ouvrir faiblement. Son souffle est court, ses pupilles dilatées et une goutte de sueur coule le long de sa joue. Le blond lui fait un sourir franc en continuant de caresser sa tête. Bill ne se dégage pas, il reste là, allongé à le regarder faire. Il ferme les yeux quelques instants et retrouve une respiration normale avant de les ouvrir à nouveau. Il rend son sourire à Tom.

« Merci, » dit-il en posant sa main sur celle de son protecteur.

Le blond hoche la tête et retire lentement sa main pour se lever. Il le fait apparemment trop vite car, à peine debout, il est pris d'un vertige et perd l'équilibre.

« Attention ! » cri Bill en se redressant rapidement.

Tom se ratrappe de justesse au lit et évite ainsi de tomber par terre. Il se rassoit et prend sa tête entre ses mains. Ça faisait longtemps que ça ne lui était pas arrivé. Il sent alors deux mains douces se poser de chaque côtés de ses tempes pour les masser doucement du bout des doigts. Un frisson le parcourt instantanément. Il ferme les yeux et soupire.

« Ma mère me faisait souvent ça quand j'avais mal à la tête, ça soulage, » explique Bill, comme pour justifier son acte.

« Hum. »

Le blond n'est pas capable de répondre autre chose, il se sent bien. Il profite, tout simplement. Depuis combien de temps quelqu'un ne s'est-il pas occupé de lui ? Il ne saurait le dire. Il a appris à se sufir à lui-même. Même si, quelques mois auparavant, sa mère habitait encore cette maison, elle ne prenait pas vraiment soin de lui.

Elle passait ses journées à flaner dans la maison, les yeux dans le vague. Elle ne s'est jamais vraiment remise de la mort de son mari. Parfois, Tom se dit que, mourir l'a sans doute libéré de cette vie dont elle ne voulait plus. C'est sans doute mieux ainsi. Il se plaît même à croire que, quelque part, ses parents sont enfin réunis et qu'ils veillent sur lui.

« Au fait, tu ne m'as même pas dit ton nom, » dit le brun.

Tom retire doucement les mains bienfaitrices et tourne la tête pour regarder son interlocuteur en face. Il lui sourit.

« Tom, je m'appelle Tom. »

« Est ce que tu vas mieux ? »

Bill a la tête penchée sur le côté et lui lance un regard interrogateur. Tom ne peut se retenir de rigoler doucement. A cet instant précis, le brun lui fait plus que jamais penser à Ramsès. Avec ses yeux en amendes qui fixent un point précis sans sourciller, il ressemble vraiment à un chat. Maintenant, Tom a donc deux chats dont il doit prendre soin. Ça lui convient.

« Oui, je vais bien ne t'inquiètes pas. »

Tom se lève, avec plus de soins cette fois. Bill se met en tailleur sur le lit et continue de le regarder.

« Je n'ai pas grand chose à te proposer pour le petit déjeuner, » dit le blond en grimaçant. « Mais je dois aller donner un cours ce matin, j'irai acheter du pain et du café d'accord ? »

« D'accord. »

« En attendant, il doit y avoir du jus d'orange et un yaourt dans le frigo. »

« Mais, et toi ? »

« T'en fais pas pour moi. Je vais aller me changer et me passer de l'eau sur le visage ensuite j'y vais. »

Tom se dirige vers la sortie mais s'arrête juste avant de passer la porte. Il se retourne vers Bill.

« Pendant mon absence, évite de sortir, ça serait mieux, » dit-il l'air un peu inquiet.

« Je t'attendrai. »

Le blond hoche la tête et va dans la salle de bain. Il verse un peu d'eau dans une bassine et plonge les mains dedans avant d'asperger son visage. Tom frotte doucement sa peau. Il frissonne au contact froid et atrappe vite le drap pour s'essuyer. Ce n'est pas le moment de tomber malade. Il soupire en remettant les même vêtements qu'hier mais il n'a pas vraiment le choix. Il n'a pas eu le courage de faire de lessive depuis une semaine.

Il descend dans le salon et va dans la cuisine servir du lait dans le bol de Ramsès au moment même ou ce dernier pose une patte dans la pièce en miaulant. Tom s'agenouille et gratte doucement le menton de son chat qui en oublierait presque son petit déjeuner.

« Je vais sortir, je te confie Bill, prends soin de lui. »

Ramsès se frotte contre sa jambe avant de plonger la tête dans son bol. Tom passe une dernière fois sa main sur son dos en souriant et se relève pour sortir de la maison. Il met sa capuche sur sa tête et se réjouit en se disant que, dans cette maison, il y a quelqu'un qui attend son retour, autre que son chat. Qu'enfin, il pourra dire tout haut, je suis rentré, et qu'une personne lui répondra.

Ça lui met du baume au c½ur et il avance tranquillement dans la rue. Bizarrement, aujourd'hui, il trouve le ciel moins gris et le soleil moins pâle. Il se dirige vers une petite maison pas très loin de chez lui. C'est celle d'amis de ses parents. Ces gens ont un petit garçons de 10 ans. Le père de cet enfant est à la guerre mais il lui reste encore sa mère.

Cette dernière a souhaité que son fils continue de s'instruire même en ces temps troublés. Elle a promis à son père que leur enfant ne resterait pas inculte, qu'il ne miserait pas tout sur la force physique. Pour elle, la valeur d'un homme se mesure avant tout par son éducation. C'est elle-même qui a proposé à Tom de devenir son précepteur. Pour elle, c'est aussi une façon d'honorer la mémoire de ses anciens amis, en aidant leur fils.

Le jeune homme arrive à destination et sonne à la porte. Une dame assez grande et au combien élégante vient alors lui ouvrir. Si Tom n'a pas pu renoncer au café, elle c'est au rouge à lèvre. Chacun conserve sa propre petite habitude. Ce n'est qu'en regardant de plus près qu'on remarque que ces robes ont été reprisées plus d'une fois et qu'elle ne porte pas de bas. Elle se contente de faire un trait noir le long de son mollet pour faire croire qu'elle en a. Beaucoup de femmes font la même chose.

« Bonjour Tom, comment vas tu ? » dit-elle souriante.

« Bien, et vous Catherine ? »

« Aussi bien qu'on peut. Damien est dans sa chambre, il t'attend. »

Tom hoche la tête et entre dans la maison quand son ventre émet un gros gargouillement. Gêné, il enroule ses bras autour de sa taille est baisse la tête en s'excusant. Il ne veut pas non plus qu'on le prenne trop pour un nécessiteux. La dernière chose qu'il souhaite c'est qu'on lui fasse la charité. Mais Catherine sourit doucement.

« Je vais vous apporter quelque chose à grignoter, » dit-elle avec un clin d'½il.

Le blond la remercie alors silencieusement d'un mouvement de tête et emprunte les escaliers pour se rendre jusqu'au premier étage. Il longe ensuite le couloir jusqu'à la chambre de son élève. Il frappe à la porte et une voix d'enfant lui dit d'entrer. Il pénètre dans la pièce et un petit garçon en fauteuil roulant arrive vers lui, un grand sourire sur le visage.

« Tom tu es enfin là ! Je t'attendais avec impatience ! » dit-il joyeusement.

Ce petit garçon aux yeux bleus azur et aux cheveux blond comme les blés ressemble étrangement à un ange. Un ange déchu malheureusement. Il a contracté la polio quand il avait à peine 5 ans et n'a jamais retrouvé l'usage complet de ses jambes. Pour faciliter les choses, il a choisi de demeurer dans ce fauteuil. Tom le connais depuis toujours, il l'a vu malade, il l'a aussi vu se battre pour s'en remettre. Il a beaucoup d'affection et de respect pour lui.

Maintenant que son père est mort, Tom est la seule image masculine qu'il possède dans son entourage proche. Damien lui dit souvent qu'il aurait vraiment aimé avoir un grand frère comme lui. Et le blond lui répond toujours qu'il le considère déjà comme son petit frère. Il est vraiment adorable. De plus, c'est un vrai bonheur de lui donner des leçons, il a une telle soif de connaissances.

« Bonjour Damien, moi aussi je suis content de te voir. »

« Qu'est ce qu'on travaille aujourd'hui ? »

« Mathématiques. »

« Rhho, » dit le petit garçon en faisant la moue. « J'aurais voulu qu'on continue à parler du livre ! »

« On fera ça la prochaine fois, » répond Tom en avançant dans la pièce. « Va derrière ton bureau. »

Damien hoche la tête et fait rouler son fauteuil jusqu'à une grande table en bois vernis. Tom attrape une chaise et s'installe à ses côtés. Le petit garçon sort son cahier ainsi qu'un crayon de papier et lève de grands yeux vers le blond. Ils sont tellement plein d'admiration que Tom se sens parfois mal à l'aise. Mérite-t-il vraiment tout l'amour que cet enfant lui porte ?

Catherine rentre alors dans la pièce, un plateau dans les mains. Sur celui-ci, il y a deux tasses fumantes ainsi qu'un...

« Gâteau ? Comment avez vous réussi ? » fait Tom ébahit.

« Avec de la persévérance et un peu de chance. Je sais que tous les deux vous adorez le chocolat alors je voulais vous faire une surprise, » répond-elle avec un sourire.

« Tu es la meilleure maman ! » s'exclame Damien en levant les bras au ciel.

Ça fait des mois que Tom n'a pas vu un gâteau ou même senti l'odeur d'un gâteau, encore moins au chocolat. Il se demande même s'il se rappelle quel goût ça a. Le chocolat est une denrée rare et au combien précieuse, c'est difficile de s'en procurer. Il salive d'avance en voyant Catherine le poser sous son nez et le découper en parts égales.

Dès de la première bouchée, Tom se croit déjà dans un rêve. Le goût sucré et doux qui fond dans sa bouche est tout simplement divin. Il veut apprécier la chose comme il se doit mais ne peut s'empêcher de le dévorer rapidement tant c'est bon mais aussi par crainte qu'il disparaisse comme par enchantement. Il englouti une autre part mais s'étouffe presque et est obligé de boire un peu de thé pour faire couler. Ce qui fait rire la mère et son fils.

Alors qu'il observe les deux dernière parts restantes, il lui vient une idée. Il connaît une personne qui serait sans doute ravie de goûter elle aussi à ce petit plaisir.

« Catherine, est ce que...je pourrais... » dit-il timidement en montrant le reste de gâteau de la tête.

La femme lui sourit doucement et enroule les deux parts restantes dans un linge avant de lui tendre.

« C'est pour toi, j'ai aussi mis un peu de café dans un sachet, je sais que tu aimes ça, » dit-elle.

« Merci beaucoup, » répond Tom ému.

C'est comme ça parfois aussi. Quand les gens n'ont pas trop de sous, ils lui donne de la nourriture à la place . Ce qui revient au même puisque, l'argent qu'il gagne, il s'en sert pour acheter des vivres. On peut appeler ça du troc. Tom préfère parler d'échanges de bon procédé.

« Je vais vous laisser travailler maintenant, » dit-elle en reprennant le plateau avant de sortir de la pièce.

Tom et Damien hochent la tête. Pendant plus d'un heure, le blond lui enseignera comment calculer des volumes, faire des équations ou encore résoudre des problèmes. Tom aime enseigner, tout le monde lui a toujours dit qu'il avait beaucoup de patience et de pédagogie. Quand son élève ne comprends pas, il ne s'énerve pas et se contente de ré-expliquer, autant de fois que nécessaire.

Quand il sort de la maison, le blond se dit qu'il n'a pas besoin d'aller faire des courses avec ce que Catherine lui a donné, ça peut bien attendre demain. Quoi que...Il fait quand même un détour pour aller chercher du pain avant de rentrer chez lui. Dans sa maison où le plus beau des bruns l'attend.

Bill lui manque déjà. C'est fou ça. Comment peut-on s'attacher aussi vite à une personne qu'on ne connaît pas ? Tom sent bien que la chaleur qu'il ressent dans son c½ur quand il pense à Bill n'est pas anodine. Ce n'est pas l'amour qu'il porte à ses parents ou bien à Damien. C'est quelque chose de bien plus fort, de bien plus ardent surtout.

Tom soupire. Il est au courrant que l'homosexualité, tout comme le judaïsme est durement condamnée. Des gens vont dans les camps de concentrations pour ça, on les traîte de sale sodomites. Deux hommes ensemble est un péché, mais si en plus l'un d'eux est juif...c'est encore pire.

Le blond sait que s'il tente quoi que ce soit avec Bill et qu'ils sont découverts, ils en subiront les conséquences. Est-il prêt à mettre sa vie en péril pour ça ? Et Bill ? Ressent-il la même chose ? Et si oui, pourra-t-il en supporter d'avantage ? Il a déjà traversé tellement de choses. Mais Tom sait également que, s'il ne tente rien, il risque de le regretter toute sa vie.

Le blond donne un coup de pieds rageur dans le premier caillou venu. Des gens se retournent vers lui mais il les ignore.. Il arrive enfin en vue de sa maison et accélère le pas en voyant des soldats SS frapper chez ses voisins. Il faut qu'il se dépêche de rentrer pour mettre Bill à l'abris avant leur arrivée. Il accélère le pas et rentre précipitemment dans la maison.

La porte claque et le brun apparaît, tout sourire. Le propriétaire des lieux a à peine le temps de poser son paquet que Bill se jette dans ses bras et le serre contre lui.

« Bon retour Tom ! »

Ce geste d'affection surprend un peu le blond mais il lui rend son étreinte avec plaisir sans chercher à comprendre. C'est un tel bonheur de sentir sa chaleur l'envelopper. Si jamais il lui arrivait quelque chose, il ne s'en remettrait pas. Le simple fait de l'imaginer dans un camp de concentration fait trembler Tom. Que des gens le maltraitent et finissent par le tuer.

Le blond le repousse doucement. Il doit le cacher.

« Bill, la Gestapo va bientôt arriver pour un contrôle, » explique Tom.

Le sourire du brun disparaît instantanément. Ses yeux se remplissent de terreur alors que tout son corps se raidit. Ses doigts s'enfoncent alors dans les épaules de Tom pour se raccrocher désespéremment à lui. Sa tête plonge dans le cou de son ôte et il presse son corps contre le sien. Tout dans son attitude hurle ne m'abandonne pas toi non plus !

« Je veux que tu ailles te cacher dans la cave, » continue le blond.

Puis il passe ses doigts sous le menton de Bill pour relever sa tête.

« Quoi qu'il arrive, ne bouge pas tant que je ne viens pas te chercher d'accord ? » lui dit-il en le regardant droit dans les yeux.

Le brun hoche la tête et commence à reculer en se détachant du blond. Il se retourne mais stoppe son mouvement pour refaire face à Tom. Ce dernier fronce les sourcils mais ne fait rien, il attend. Il voit Bill se mordiller la lèvre inférieure avant de faire quelques pas en avant.

Puis des lèvres, aussi légère que des plumes viennent se presser doucement contre la joue de Tom qui écarquille les yeux. Il n'a pas le temps de profiter qu'elles se retirent déjà pendant que leur propriétaire s'en va. C'est vraiment arrivé ou a-t-il rêvé ? Il n'a pas le temps d'y réfléchir plus longtemps car on tembourine contre la porte d'entrée.

« Oui ? » demande-t-il en ouvrant la porte.

Il retient une grimace en faisant face aux deux soldats. Ils sont grands, stoiques et effrayant. Leurs uniformes vert kaki horné de la croix gamée lui donne envie de vomir. Comment ces hommes peuvent-ils obéirent aussi aveuglément à quelqu'un qu'ils n'ont sans doute jamais vu ? Tuer des gens innocents sans aucun scrupules ? Tom a une nausée en pensant qu'il est sensé être du même côté qu'eux.

« Monsieur Kaulitz ? » demande l'un des deux.

« Oui, » répond Tom.

« Vous êtes bien Thomas Kaulitz ? Fils de Jorg et Simone Kaulitz ? » insiste-t-il en plissant les yeux.

« Oui, c'est bien moi. »

Tom fonce le nez à l'entente son prénom dans son intégralité et tente de ne pas paraître blasé face à cette question qu'il a déjà entendu des centaines de fois depuis le début de la guerre. D'aileurs, il connaît déjà la prochaine, de question.

« Vous avez vos papiers d'identité ? »

Le blond se retourne et saisit des feuilles sur le meuble de l'entrée. Il les laisse toujours là, à portée de main, histoide de ne pas passer un temps fou à les chercher car ça le rendrait suspect. A propos de choses suspectes, il se dit qu'il a bien fait de ne pas enlever sa capuche. Il vaut mieux que ces hommes ne voient pas ses tresses.

« Voilà, » dit-il en les tendant d'une manière nonchalente presque routinière.

L'un des soldats les inspecte scrupulusement tout en jettant de temps en temps des petits regards à Tom qui ne sourcille pas. Après tout, il n'a rien à se reprocher, enfin presque. Au bout de quelques minutes, n'ayant manifestement rien trouvé d'étrange, l'homme lui rend ses feuilles et ose même un sourire que Tom aurait tendance à qualifier de malsain.

« Tout est en ordre, bonne journée Monsieur. »

Tom hoche la tête et les soldats lui font un salut militaire avant de se retirer pour aller frapper à la maison suivante. Le blond s'adosse quelques secondes contre la porte et soupire. Il peut sentir de la sueur couler le long de ses tempes. Ce contrôle, en apparence anodin, a mis ses nerfs à rude épreuve. Il ne cessait de penser à Bill, enfermé dans la cave.

« Bill ! » s'exclame-t-il d'un coup.

Il court presque jusqu'à la porte de la cave, allume rapidement la lumière et dévale les escaliers. Quand il arrive en bas, il le cherche des yeux mais il ne le voit nulle part.

« Bill ? C'est moi ! C'est Tom ! Montre toi ! » crit-il presque paniqué.

Tom entend un bruit à sa gauche et se retourne d'un geste brusque pour voir le brun sortir timidement de derrière un carton. Le blond laisse échapper un soupire de soulagement. Pendant un instant, il a cru qu'il s'était enfuit. Il s'avance vers lui à grandes enjambées et le prend dans ses bras comme Bill l'avait fait un peu plus tôt. Le jeune homme plonge sa tête dans le cou de Tom et serre son pull avec ses doigts.

« Ils sont partis ? » demande-t-il.

« Oui. »

« Mais ils reviendront, ils reviennent toujours. Je n'aurai peut être pas autant de chance la prochaine fois. »

« Bill... »

Le brun s'écarte alors de lui et détourne la tête.

« Tu vois, je suis à peine arrivé et je te cause déjà des ennuis, je t'avais dit que c'était une mauvaise idée, » dit-il tristement.

« Ne dis pas ça, je suis très heureux que tu sois là. Si tu savais comme je me sentais seul avant. S'il te plaît, reste. »

« C'est vraiment ce que tu souhaites ? » demande Bill en le regardant dans les yeux.

« Oui c'est ce que je veux. Je suis sur que cette guerre prendra fin bientôt et à ce moment là tu n'auras plus rien à craindre. »

Tom entend Bill rigoler doucement.

« Quoi ? » fait le blond en fronçant les sourcils.

« Rien, tu me fais juste penser à ma mère, elle disait tout le temps ça elle aussi. »

« Ha... »

Les deux jeunes hommes se regardent et se sourient doucement. Tom fait alors un pas en avant et prend la main de son protégé dans la sienne.

« Viens, j'ai quelque chose pour toi, » dit-il en les faisant monter les escaliers.

Le blond les amène jusque dans l'entrée où il récupère ses vivres et les dirige ensuite vers la cuisine. Il pose le linge sur la table et se tourne vers Bill.

« Ferme les yeux, » dit Tom.

Le brun hausse les sourcils, apparemment assez peu convaincu.

« Fais moi confiance, » rajoute le blond.

Bill ferme alors les yeux. Tom passe sa main devant pour vérifier qu'ils sont bien clos et déplie le linge pour en sortir les deux parts de gâteau au chocolat qu'il dispose dans une assiette.

« Maintenant tu peux les ouvrir. »

Le brun fait ce qu'on lui dit. Son regard se pose alors sur la table et un grand sourire se dessine sur son visage. Tom ne l'en trouve que plus magnifique. C'est un sourire franc, un vrai sourire, comme il en a peu vu ces derniers temps. Il est même relativement fier de savoir qu'il en est la cause.

« C'est pour moi ? » demande Bill en se tournant vers Tom.

Ses yeux pétillent de bonheur. On dirait un petit garçon qui vient d'avoir le cadeau de nöel dont il rêvait depuis toujours. Les tourments de la guerre nous rappellent ainsi qu'il n'en faut parfois pas beaucoup pour faire plaisir. La moindre petite attention peut vous remplir de joie. On apprécie à nouveau les choses simples qu'on ne remarquait plus avant.

« Oui, » fait Tom.

« Les deux ? » insiste le brun.

« Les deux, » répond le blond avec un sourire. « J'ai déjà eu ma part. »

« Merci Tom ! »

Le dit Tom lui sourit et va lui faire un café alors que le brun s'installe sur une chaise et s'attaque déjà avec appétit à son petit déjeuner. Ramsès fait alors son apparition dans la pièce et s'approche de la table, réclamant lui aussi sa part du gâteau. Il grimpe sur les genoux de Bill qui lui glisse en douce des petits morceaux dans la bouche.

Le soir même, Tom est dans son lit, tout seul pour une fois. En effet, la veille, Ramsès a déserté sa chambre pour aller dormir avec Bill. Ce soir aussi apparemment. Le blond ferme son livre et se frotte les yeux quelques minutes, il est fatigué. Il est sur le point d'éteindre la lumière quand il entend des petits coups contre sa porte.

« Oui ? »

Bill entre alors timidement dans la chambre.

« Quelque chose ne va pas ? Tu veux une autre couverture ? Ramsès te dérange ? » demande Tom.

« Non, pas du tout, » fait le brun en secouant la tête.

Il fait quelques pas supplémentaires dans la pièce, se plante devant le lit du blond et baisse la tête.

« C'est juste que...enfin...est ce que je peux venir dormir avec toi ? » dit-il penaud.

Tom n'est pas vraiment surpris par cette demande. Les gens qui sont sujets à des cauchemars se sentent généralement moins inquiets quand ils ne s'endorment pas seuls. C'est une manière pour eux de se dire qu'il y a quelqu'un à côté d'eux pour les protéger du mal qui les ronge. C'est une présence qui les calme. Ça les rassure.

« Bien sur, viens, » dit Tom en ouvrant ses draps.

Bill rougit un peu et vient se glisser sous les couvertures. Il hésite un instant puis va se blottir contre Tom qui passe un bras autour de ses épaules. Les troisième habitant de la maison arrive sur le lit lui aussi et va se mettre en boule à leurs pieds. Juste avant de plonger la pièce dans le noir, Tom se dit, qu'à cet instant précis, ils ressemblent à une famille.

# Posté le vendredi 04 juillet 2008 22:09

Modifié le lundi 09 mars 2009 10:21